La pluralité des univers SFFF ou pourquoi sortir des sentiers battus et des routes pavées.

La SFFF est un monde, un ensemble de mondes, vaste, voire infini. Lorsque je dis cela, pour introduire mon propos, j’enfonce des portes tellement ouvertes que vous pourriez presque croire que je n’ai rien (d’intéressant) à dire. 

Laissez-moi le temps de vous convaincre du contraire.

Pour replacer un peu le contexte, je suis auteur de SFFF dont les premiers romans ne tarderont plus à sortir, chroniqueur pour le blog ActuSF et, surtout, lecteur fanatique de SFFF. 

Comme pour la musique, je suis exclusif, ou presque : je n’écoute et ne lis qu’un ensemble de sous-genres. Et pourtant, je me suis longuement égaré dans mon approche des genres de l’imaginaire. En personne lambda, c’était à la FNAC et au Furet du Nord que je faisais mes trouvailles, soit dans les grandes enseignes de diffusion où seuls les ouvrages tirés à plusieurs milliers d’exemplaires étaient emmagasinés dans les rayons. Qu’avions-nous ? Les auteurs anglo-saxons traduits par Bragelonne ou ActuSF. Quelques grands noms de la SFFF française (Bordage, Pevel par exemple) publiés chez Bragelonne. Quelques grands succès de maison d’édition moyennes (Atalante (Pratchett), Mnemos, Les Moutons électriques) et… c’est tout. 

On en arrive à l’essentiel de ce petit article : la diffusion à grande échelle ne concerne que les plus grosses maison d’édition dont certaines, comme Bragelonne, jouissent d’une emprise exceptionnelle sur les grands réseaux de diffusion.

Ainsi, ma bibliothèque était, jusqu’à peu, constituée à 80 % de bouquins édités par Bragelonne, et 90 % étaient des ouvrages traduits d’une langue étrangère (Le Sorceleur, L’Epée de vérité, L’Assassin royal, Les Nains, etc…). 

Autrement dit, je foulais des boulevards en boudant pléthore de petites ruelles charmantes dont je ne soupçonnais pas l’existence. C’est dommage. Mais pourquoi ? 

Pour répondre à cela, il faut se poser une question : qu’est-ce qu’une maison d’édition

Une maison d’édition est une personne morale, souvent une société, parfois une association, dirigée par une ou plusieurs personnes qui vont donner à leur maison une empreinte particulière sur l’on connaît sous le nom de ligne éditoriale

Une ligne éditoriale est une orientation, une sorte de fil rouge essentiel qui va donner à la maison d’édition son identité. Peut-être est-ce évident pour vous mais c’est là l’essence de mon propos : en se cantonnant aux productions d’une ME ou de deux, vous vous fermez un nombre considérable de portes et n’appréhendez qu’une vision étriquée de la SFFF. À l’inverse, il serait complètement inconcevable qu’une maison publie tout et n’importe quoi, car cette identité est un repère utile pour le lecteur

Aujourd’hui, je prends en compte que l’auteur n’est pas à lui seul un repère de style. La maison d’édition l’est même davantage et, pour embrasser la SFFF, il faut s’ouvrir aux petites sentes, sans totalement bouder les grands boulevards.

Il y a autre chose à prendre en compte, quelque chose de plus trivial : les enjeux économiques.

Une maison d’édition fort présente sur les réseaux de distribution n’a pas les mêmes contraintes qu’une petite ME qui imprime à la demande. 

Lorsque l’on tire 1 000 exemplaires minimum (voire grand minimum) de chaque nouvelle publication, on peut difficilement se permettre d’essuyer un bide. Par conséquent, la prise de risque éditorial est peu franche, voire inexistante. Il faut donc publier ce qui marche et ce qui est rentable. Si vous couplez cela à la tenue d’une ligne éditoriale, fondamentale dans toute maison d’édition sérieuse, alors on peut vite avoir l’impression de lire toujours la même chose si l’on se cantonne à la grosse maison d’édition du milieu. 

À l’inverse, les petites maison d’édition, dont les moyens ne permettent pas une diffusion abondante, prennent moins de risque à chaque nouvelle publication, même si le but restera évidemment la rentabilité. 

Aussi, une petite maison d’édition ne peut pas se démarquer face aux géants du milieu en adoptant une même LE. Il leur faudra par conséquent se distinguer par une ligne éditoriale originale et par des publications novatrices.

J’en arrive donc à la conclusion : alors que je peinais à conserver une ardeur pour la lecture, l’ouverture aux petites maisons a été une véritable révélation. J’y ai découvert des pépites, des choses originales et à contre-courant des grands succès. J’ai pris conscience de la puissance du vivier de la SFFF francophone et dévore à nouveau une quantité de romans tout en découvrant séries et nouvelles.

Tout cela pour vous encourager à ne pas raisonner qu’en terme d’auteur mais aussi en terme de maison d’édition. Elles, aussi, laissent une empreinte particulière. 

Diversifiez les ME comme vous diversifiez vos auteurs ; je vous assure c’est une vraie bouffée d’air. 

Et si vous êtes auteur, cela vaut aussi : trouvez la ME qui vous correspond avec une LE adaptée à votre manuscrit.

Ci-dessous une liste non exhaustive des « petites » ME :

Nutty Sheep

Les éditions Onyx

Crin de Chimère

Lynks

Snag-Fictions

Noir d’Absinthe

Livr’S éditions

Rebelle éditions

Les ombres d’Elyranthe

Héros de Papier Froissé

Séma

Léha

Heartless

L’Alchimiste

Oneiroi

La Confrérie de l’Imaginaire

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